Le Musée Bourdelle

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L’attente est insupportable. Vais-je revoir Ulysse ? Le temps passe et toujours aucune nouvelle de lui-même si je m’accroche à un infime espoir qu’il me revienne. Pour tromper mon ennui, j’ai décidé de m’échapper d’Ithaque quelques jours et j’ai fait une troublante découverte que je me devais de partager avec vous. En me promenant au hasard des rues, je suis arrivée devant un lieu étonnant : le musée Bourdelle.

Je ne connaissais pas du tout cet endroit. Là-bas, des personnes très instruites m’ont expliqué tant de choses sur le sculpteur Antoine Bourdelle : qu’il avait un lien viscéral avec la ville de Montauban où il est né le 30 octobre 1861. Son père était ébéniste et son grand-père chevrier. J’ai su aussi qu’il était un mauvais élève contrairement à mon fils Télémaque mais qu’il aimait dessiner. Alors sa famille l’envoie donc aux Beaux-arts de Toulouse. En 1884, il arrive à Montparnasse, encore secteur de campagne où personne ne veut venir et s’y installe après avoir réussi le concours des Beaux-arts.

Ces informations me parviennent distraitement car mon regard est attiré par une statue située dans le jardin. Le choc ! Impression de me retrouver devant moi-même comme face à un miroir. J’apprends qu’il s’agit de Pénélope. Le même prénom que moi, cela ne pouvait pas être une coïncidence. La sculpture est en bronze mais creuse à l’intérieur tandis que mon corps est empli de pensées et d’attente. C’est la seule véritable différence que j’ai ressenti. Toujours est-il que cette statue m’intriguait de plus en plus. Son créateur, praticien de l’atelier de Rodin depuis 1893, semble avoir saisi qui je suis réellement, sans même me connaître. Il me représente les doigts sous le menton, un peu dans la même position que Le Penseur qui lui a le poignet près de sa bouche. Enfin, je dis qu’il me représente moi mais en réalité c’est un moi multiple et universel car cette Pénélope est une multitude de femmes. Son regard triste me renvoie le reflet de ma solitude depuis que j’attends le retour de mon cher Ulysse.
D’ailleurs, c’est intéressant de savoir que Bourdelle a créé sa sculpture sur la base d’un patchwork sentimental. Il a fait un croquis de Cléopâtre Sevastos, sa meilleure élève. C’est elle qui sert de modèle pour le corps, magnifiquement en formes, de sa création. Mais c’est la tête et le visage de Stéphanie Van Paris, sa première femme et mère de son fils Pierre, qu’il choisit de garder pour ne pas attiser les foudres féminines de son épouse. Cela me fait penser à ce stratagème que j’ai mis en place depuis quelques temps afin de repousser mes cent-quatorze prétendants : je tisse le jour pour donner illusion et je détisse la nuit pour gagner du temps. J’ignore jusque quand je vais pouvoir tenir ainsi mais jusque là cela fonctionne plutôt bien. Je voudrais voir et revoir cette sculpture plusieurs fois pour la graver dans ma mémoire. J’aimerai tellement qu’elle soit une sorte de lien mental avec mon époux mais malheureusement j’ignore où il se trouve et s’il pense toujours à moi. J’espère tant que les Dieux me le rendront.
J’ai appris que Bourdelle écrivait à Rodin que « Dans la vie des sculptures, un plan superficiel est un incident mais un plan profond constructif est une destinée ». En revenant à Ithaque, en parlant autour de moi, on m’a dit qu’un moulage en plâtre de sa Pénélope avait été créé en avril 1913. C’est fabuleux. Où est-elle aujourd’hui ? Je m’interroge mais il est déjà temps de reprendre le tissage, le vague à l’âme, en songeant à cette attente interminable que Bourdelle a su exprimer dans cette sublime sculpture et qui n’est rien d’autre que le reflet de ma propre existence

http://www.bourdelle.paris.fr/

Le Musée Bourdelle, Paris

Waiting is unbearable. Will I ever see Odysseus again? Time goes by and still no news… but still I cling to any scrap of hope. To avoid the tedium, I decided to get out of Ithaca for a few days and I made a discovery that I would like to share with you. Wandering in streets, I stumbled on something interesting: Le Mussée Bourdelle.

I have never been there before but some very knowledgeable people explained to me any number of things about a sculptor named Anoine Bourdelle. He was in love with the city of Montauban where he was born on October 30th, 1861, the son of a cabinet maker and the grandson of a goat herder. I also learned that he was not as good a student as my son Telemaco but he loved to draw so his family sent him to the Beaux-arts in Toulouse. After finishing art school, he went to Montparnasse, another country town with few people, in 1884.

I was only half listening to all this information because my gaze was drawn to a statue in the garden. What a shock! It was like looking in the mirror. It was a statue of Penelope. A woman with the same name as I, this cannot be a coincidence. It is of bronze but hallow inside, unlike myself, full up of thoughts and desires. But that is the only difference between the two of us. I am more and more intrigued by this statue. Her creator, who began working in Rodin’s atelier in 1893, seems to have seen to my very heart without even knowing me. He portrays me with my fingers under my chin, a posture like that of The Thinker, who has his fist near his mouth. I say he has depicted me but really he has shown me myself as a universal woman, this Penelope could be any woman. Her sad eyes remind me of my solitude since I began waiting for the return of my darling Odysseus. It is interesting to note that Bourdelle created his sculpture with a patchwork of sentiments. He made a sketch of Cléopâtre Sevastos, his best student. But the head and face are that of Stéphanie Van Paris, his first wife and the mother of his son Pierre, which he used to avoid marital problems. This story reminds me of a technique I’m using to hold my hundred-fourteen suiters at bay: I weave by day to give the allusion of progress but I enweave by night to bide my time. I wonder about how long I can carry on like this but it has been working so far. I want to see this sculpture again and again to keep it in my memory. She is a sort of mental link with my husband but I don’t know where he could be or even if he still thinks of me. I pray to the gods to return him to me.
I learned that Bourdelle wrote to Rodin, ‘in the life of a sculptor, a superficial plan is fleeting but a constructive well founded plan is destiny’. When I return to Ithaca I hear that a copy of the sculpture was made in 1913. It is amazing. Where is she now? I wonder … but it is time now for me to take up my weaving overcome by emotion thinking of how Bourdelle could capture a reflection of my own existence in this sublime sculpture.

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Il Museo Bourdelle di Parigi

L’attesa è insopportabile. Rivedrò mai Ulisse? Il tempo passa e continuo a non avere nessuna notizia di lui, cerco di tener viva la remota speranza del suo ritorno. Per sfuggire alla noia, ho deciso di lasciare Itaca per qualche giorno e ho fatto un’inquietante scoperta che dovevo condividere con voi. Passeggiando per le strade, sono arrivata davanti a un luogo stupefacente: il museo Bourdelle.

Non conoscevo affatto questo luogo. Lì, delle persone molto colte mi hanno spiegato molte cose riguardo lo scultore Antoine Bourdelle, tra cui il suo profondo legame con la città di Montauban dove è nato il 30 ottobre 1861. Suo padre era falegname e suo nonno pastore. Ho anche scoperto che era un pessimo allievo, contrariamente a mio figlio Telemaco, ma che amava disegnare. Dunque la sua famiglia lo fece studiare all’Accademia delle belle arti di Tolosa. Nel 1884 va a Montparnasse, luogo di campagna dove nessuno vuole andare a vivere, e si trasferisce lì dopo aver passato il concorso di Belle arti.

Recepisco queste informazioni in maniera piuttosto distratta perché il mio sguardo viene attirato da una statua situata nel giardino. Assurdo! Mi sembra di ritrovarmi davanti a me stessa come fossi di fronte a uno specchio. Scopro che si tratta di Penelope, il mio stesso nome, non può trattarsi di una coincidenza. La scultura è in bronzo ma cava all’interno mentre il mio corpo è colmo di pensieri e di attesa. È l’unica differenza che percepisco, sta di fatto che questa statua mi intriga sempre di più. Il suo creatore, apprendista dell’atelier di Rodin dal 1893, sembra essere riuscito a cogliere la mia vera essenza senza nemmeno conoscermi. La mia statua ha le dita sotto il mento, praticamente nella la stessa posizione de Il Pensatore che tiene il pugno chiuso vicino la bocca. Insomma, dico che si tratta della mia rappresentazione ma in realtà si tratta di una me dalle molteplici sfaccettature e di una me universale allo stesso tempo poiché questa Penelope rappresenta una moltitudine di donne. Il suo sguardo triste riflette la mia solitudine da quando attendo il ritorno del mio caro Ulisse.
Del resto è interessante scoprire che Bourdelle a creato la sua scultura sulla base di un mosaico sentimentale. Ha ritratto in una bozza la sua migliore allieva, Cléopâtre Sevastos, che ha fatto da modello per il corpo, in magnifica forma, della sua creazione. Tuttavia è dal viso di Stéphanie Van Paris, la sua prima moglie e madre di suo figlio Pierre, che ha tratto ispirazione, per non provocare l’ira della sua sposa. Ciò mi fa pensare allo stratagemma che ho messo in atto qualche tempo fa per respingere i miei centoquattordici pretendenti: tesso la tela il giorno per dare far credere di stare procedendo nel mio lavoro e la disfo la notte per guadagnare tempo. Non so quanto potrò continuare così ma finora il mio piano ha funzionato piuttosto bene. Vorrei osservare e riosservare questa scultura più volte per scolpirla nella mia memoria. Vorrei tanto che fosse una sorta di legame mentale con il mio sposo ma purtroppo non so dove si trova e se pensa ancora a me.
Spero tanto che gli Dei lo facciano ritornare da me.
Ho scoperto che Bourdelle scriveva a Rodin che “Nella vita delle sculture, un piano superficiale è un inconveniente ma un piano profondo, ben costruito, è il fine.”. Una volta tornata a Itaca, chiedendo un po’ in giro ho scoperto che nell’aprile del 1913 è stato costruito uno stampo di gesso della sua Penelope. È meraviglioso, dove si trova adesso? Mi pongo questa domanda ma è già tempo di riprendere a tessere la tela, con la tristezza nel cuore, pensando a quest’interminabile attesa che Bourdelle ha saputo esprimere in questa sublime scultura e che non è altro che il riflesso della mia esistenza.

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El Museo Bourdelle

No aguanto más. ¿Volveré a ver a Ulises? Pasan los días y sigo sin saber nada de él, aunque mantengo la espera de que vuelva algún día. Para pasar el tiempo, he decidido salir de la isla unos días y he descubierto algo preocupante que debía compartir con vosotros. Paseándome por las calles, sin rumbo, descubrí un lugar increíble: el Museo Bourdelle.

No conozco este sitio. Allí, he conocido a gente muy culta que me ha hablado del escultor Antoine Bourdelle: mantenía un vínculo especial con la ciudad de Montauban donde nació el 30 de octubre de 1861. Su padre era ebanista et su abuelo cabrero. También me han dicho que era muy mal estudiante, al contrario de mi hijo Telémaco, pero que le encantaba dibujar. Su familia le matricula entonces en las Bellas Artes de Toulouse. En 1884, llega a Montparnasse, que por aquel entonces era una zona rural donde nadie quería ir, y se instala allí tras haber aprobado las oposiciones de la Bellas Artes.

Asimilo las informaciones aunque un tanto distraída: me fijo en una estuata del jardín. iQué sorpresa! Como si me viera en un espejo. Me dicen que se trata de Penélope. Se llamaba como yo, no podía ser casualidad. La escultura de bronce estaba hueca por dentro cuando yo no paraba de darle vueltas a la cabeza. Es la única diferencia que noté. El caso es que la estatua me intrigaba cada vez más. Su creador, discípulo de Rodin desde 1893, parece haber entendido quien soy realmente, incluso sin conocerme. Me imagina la mano debajo del mentón, un poco en la misma posición que El Pensador, con el puño cerca de la boca. Bueno, cuando hablo de la escultura refiriéndome a mi, en realidad, se trata más bien de una Penélope universal que encarna a muchas mujeres. Su mirada triste me recuerda la soledad que siento desde que se fue mi querido Ulises. De hecho, Bourdelle creó esta escultura inspirándose en su vida sentimental. También hizo un esbozo de Cléopâtre Sevastos, su mejor alumna. Se inspira de su cuerpo y sus preciosas curvas para el cuerpo de su escultura, y del rostro de Stephanie Van Paris, su primera esposa y madre de su hijo Pierre, para que ésta no sienta celos. Aquello me recuerda a la estrategia que he imaginado para alejar a los pretendientes: tejo de día y lo deshago de noche para ganar tiempo. No sé cuanto tiempo voy a seguir pero hasta aquí me ha ido bastante bien. Me encantaría volver a ver esta escultura, una y otra vez, para que se quede grabada en mi mente. Qué más quisiera que fuera una especie vínculo mental con mi marido pero, desgraciadamente, no sé donde está, ni si aún piensa en mi. Espero que los Dioses me lo devuelvan.
También me he enterado que Bourdelle dijo a Rodin, en una de sus cartas, que « en la vida de las esculturas, un plan superficial es un incidente y un plan profundo y constructivo, un destino ».  Volviendo a Ítaca, me dijeron que habían creado una copia de yeso de la escultura de Penélope en abril de 1913. Divino. ¿Dónde está hoy en día? Me lo pregunto, pero ya es hora de seguir tejiendo, pensando en aquella eterna espera que Bourdelle supo representar en esta preciosa escultura, y que no es ni más ni menos que un reflejo de mi propia vida.

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